roseau


roseau

roseau [ rozo ] n. m.
XIIe; de l'a. fr. raus, ros, germ. °raus
Plante aquatique de haute taille, à grosse tige ligneuse ( massette, phragmite, typha). Les roseaux d'un étang, d'un marais ( roselier) . « les arundo donax, ces immenses roseaux empanachés qui bordent les routes » (A. Gide). Natte, palissade de roseau. Flûte de roseau, formée d'un roseau évidé. ⇒ chalumeau, mirliton, pipeau.
Être souple, plier comme un roseau. « Le Chêne et le Roseau », fable de La Fontaine. Allus. littér. « L'homme est un roseau pensant » (Pascal), un être faible mais qui domine la matière par la pensée.

roseau nom masculin (ancien français ros, roseau) Nom usuel commun à de nombreuses plantes monocotylédones rhizomateuses du bord des eaux calmes. Littéraire. Symbole de la faiblesse, de la fragilité de l'homme. ● roseau (citations) nom masculin (ancien français ros, roseau) Jean de La Fontaine Château-Thierry 1621-Paris 1695 Je plie et ne romps pas. Fables, le Chêne et le Roseau le roseau Blaise Pascal Clermont, aujourd'hui Clermont-Ferrand, 1623-Paris 1662 L'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature ; mais c'est un roseau pensant. Il ne faut pas que l'univers entier s'arme pour l'écraser : une vapeur, une goutte d'eau suffit pour le tuer. Mais, quand l'univers l'écraserait, l'homme serait encore plus noble que ce qui le tue, parce qu'il sait qu'il meurt, et l'avantage que l'univers a sur lui ; l'univers n'en sait rien. Pensées, 347 Commentaire Chaque citation des Pensées porte en référence un numéro. Celui-ci est le numéro que porte dans l'édition Brunschvicg — laquelle demeure aujourd'hui la plus généralement répandue — le fragment d'où la citation est tirée. Minamoto no Sanetomo Kamakura 1192-Kamakura 1219 Ah si je pouvais Ne plus jamais l'entendre Le soir sous la lune Il fait croire que l'on vient Le vent qui effleure les roseaux ! Kinkai-shû, II, 426

Roseau
cap. de la Dominique, au S.-O. de l'île; 20 000 hab. Petit port. Au N., aéroport de Canefield.
La King George Street est bordée de nombreuses maisons coloniales. Cath. du XIXe s. Jardin botanique.
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Roseau
n. m. Plante à long chaume (Fam. graminées) croissant au bord des eaux. Syn. phragmite.

⇒ROSEAU, subst. masc.
A. — 1. Plante qui pousse au bord de l'eau, à feuilles étroites et élancées, à tige droite souvent remplie de moëlle, à fleurs disposées en panicule ou groupées en deux épis superposés dont l'inférieur se développe sous la forme d'un cylindre d'un beau brun foncé velouté. [Une eau] se perdant dans les tournants brumeux, sous des saules penchés et de grands roseaux aux panaches soyeux (MOSELLY, Terres lorr., 1907, p. 172). L'étroit marais fleuri où (...) le tamaris [apporte] son brouillard rose, le roseau sa massue à fourrure de castor (COLETTE, Naiss. jour, 1928, p. 26).
SYNT. Roseau creux; roseaux minces, secs, verts; frêles, longs roseaux; les roseaux de l'étang, du fleuve, de la rive; forêt, touffe de roseaux; cabane, haie, hutte, lit, nid, toit de roseaux; flûte en roseau; claies en roseaux; couvert de roseaux; caché, couché dans les roseaux; au milieu des roseaux; entre, parmi les roseaux; les joncs et les roseaux; frêle, mince, souple comme un roseau; plier comme un roseau.
Fauvette des roseaux. Synon. de phragmite des joncs. V. fauvette A ex. de Colette.
2. BOTANIQUE
a) Plante herbacée, aquatique, appartenant à la famille des Graminées, comprenant deux espèces principales dont les types sont respectivement le roseau commun ou roseau à balais (phragmites communis, arundo phragmites) et le roseau à quenouille ou canne de Provence (arundo donax), et caractérisée par des fleurs disposées en panicule. On sait la répartition du Roseau (Phragmites communis) soit sur les terrains humides (...) soit sur le bord même des eaux (PLANTEFOL, Bot. et biol. végét., t. 2, 1931, p. 293). On a coupé les arundo donax, ces immenses roseaux empanachés qui bordent les routes (GIDE, Journal, 1943, p. 257).
b) Roseau des étangs. Synon. de massette2. Le roseau, dit des étangs, ou Massette, sert à couvrir les toitures (FÉN. 1970).
c) Roseau des sables. Synon. de oyat. Le roseau des sables seul a une utilité bien réelle, parce qu'on le cultive dans les dunes, pour les enchaîner et s'opposer à leur déplacement (BRARD 1838).
3. Loc. adj. De roseau
a) Relatif à cette plante; qui est fait avec cette plante ou une de ses parties. Tige de roseau; flûte, sceptre de roseau. Elle l'emplit bien vîte [un nid] De feuilles de roseau (FLORIAN, Fables, 1792, p. 152). Il tira de sa ceinture l'écritoire et la plume de roseau (LAMART., Voy. Orient, t. 1, 1835, p. 366).
b) Qui présente certaines caractéristiques (minceur, couleur, etc.) propres au roseau. Son regard perçant, son teint olivâtre, sa taille de roseau (BALZAC, Cous. Bette, 1846, p. 31). Couleur (de) roseau. Brun jaunâtre ou verdâtre. Les chapeaux d'étoffe, couleur roseau, sont toujours de mode (Obs. modes, t. 9, 28 févr. 1823, p. 96). Chevaux couleur de roseau (FROMENTIN, Été Sahara, 1857, p. 232).
4. P. méton. Plume ou flûte fabriquée avec un ou plusieurs morceaux de tige de roseau. Trempant son roseau dans l'écritoire attachée au flanc du casier qui renfermait les feuilles de parchemin (A. FRANCE, Puits ste Claire, 1895, p. 42). L'autre [Arabe] soufflait dans un petit roseau et répétait sans cesse (...) les trois notes qu'il obtenait de son instrument (CAMUS, Étranger, 1942, p. 1164).
5. ARCHIT. ,,Ornement en forme de bâton rond, de canne ou de roseau dont on remplit jusqu'au tiers de leur hauteur les cannelures des colonnes rudentées`` (HAVARD 1890).
6. P. allus.
a) [à la fable de La Fontaine: Le Chêne et le roseau (Fables I, 22) où le roseau, sensible au moindre souffle, plie sous l'effet d'un vent violent mais ne rompt pas, contrairement au chêne] Sa haine avorte, sa colère échoue. L'ouragan qui voulait des chênes à briser ne courbe que des roseaux et va se perdre dans les hautes herbes (SANDEAU, Mlle de La Seiglière, 1848, p. 142). V. aquilon ex. 6.
b) [à la Bible: Éz. XL, 3-9 et Apoc. XI, 1 et XXI, 15 où un roseau déterminé sert d'instrument de mesure] C'est au tour de Michaël (...) de prendre le roseau d'or, de tracer les limites et de leur désigner le lieu (COCTEAU, Enfants, 1929, p. 137):
Et voici que comme Ézéchiel autrefois avec le roseau de sept coudées et demie,
Je pourrais aux quatre points cardinaux relever les quatre dimensions de la Cité.
CLAUDEL, Gdes odes, 1910, p. 240.
c) [à la légende du roi de Phrygie, Midas, selon laquelle des roseaux poussèrent dans le trou creusé par son barbier qui y murmura: « Le roi Midas a des oreilles d'âne », secret que le roi cachait sous un bonnet phrygien et que ces roseaux répétèrent ensuite au moindre souffle de vent] Pauvre mère, tu n'as jamais pu aller seule dans la campagne et le crier [que tu le hais] aux roseaux. Tous les roseaux racontent que tu l'adores! (GIRAUDOUX, Électre, 1937, II, 7, p. 185).
d) [à la Bible: Matth. XXVII, 29, scène de la Passion au cours de laquelle un roseau fut donné par dérision comme sceptre au Christ] Prêtre, j'ai le roseau de Jésus à la main; Roi, je n'ai plus qu'un sceptre (HUGO, Pape, 1878, p. 29).
B. — [Dans des cont. métaph. faisant réf. à certaines caractéristiques du roseau: fragilité, vulnérabilité, inconstance, minceur, etc.] Ce royal enfant, doux et frêle roseau! (HUGO, Rayons et ombres, 1840, p. 1037). Elle était encore mince, et sa taille était un souple roseau qui semblait toujours balancé par quelque souffle mystérieux (SAND, Hist. vie, t. 4, 1855, p. 212).
En empl. adj. Tu n'étais plus enfant, tu n'étais plus roseau (M. DE GUÉRIN, Poés., 1839, p. 79). En a-t-on une veine, d'être roseau comme elle! (...) on n'a pas besoin de faire des marches forcées pour maigrir, au moins? (GYP, Passionn., 1891, p. 190).
Expr. Il s'appuie sur un roseau. ,,Celui en qui il met sa confiance, n'a pas la force, le crédit, l'autorité nécessaire pour le soutenir`` (Ac. 1835-1935). C'est un roseau peint en fer. C'est une personne de caractère faible sous une apparence ferme. Sous son énergie apparente, il cache un caractère irrésolu (...) C'est un roseau peint en fer (DUMAS père, Henri III, 1829, II, 5, p. 160). C'est un roseau qui plie à tous les vents. C'est une personne ,,qui n'a point de fermeté, qui cède à toutes les impulsions qu'on veut lui donner`` (Ac. 1835-1935).
P. allus.
♦ [à la Bible: Is. XXXVI où l'Égypte est comparée à un roseau brisé qui perce la main de celui qui se fie à elle] Vous [Dieu] percez la main du pêcheur avec le dernier roseau sur lequel elle s'est appuyée! (NODIER, Fée Miettes, 1831, p. 164).
♦ [à Pascal, Pensées, § 200, éd. du Seuil, 1963 [1662], p. 528: « l'homme n'est qu'un roseau, le plus faible de la nature, mais c'est un roseau pensant »: l'homme est un être faible mais dominant la nature par la pensée] Il me faut l'orgueil d'un vaincu très fier, l'orgueil du roseau pensant (ADAM, Enf. Aust., 1902, p. 393). Plais. Une rechute (...) fait de moi un véritable roseau toussant (VERLAINE, Corresp., t. 1, 1883, p. 186). V. dépenser rem. ex. de Renard.
Prononc. et Orth.:[]. Att. ds Ac. dep. 1694. Étymol. et Hist. 1. XIIe s. bot. (Gloss. Tours, 328 ds T.-L.); 2. déb. du XIIIe s. fig., symbole de la faiblesse, de la vulnérabilité de l'homme (MAURICE DE SULLY, Sermons, éd. C. A. Robson, p. 172); 3. 1701 archit. (FUR.). Dér. de l'a. fr. ros « roseau » (fin du Xe s. raus, Passion, éd. d'Arco Silvio Avalle, 246; ca 1140 ros, GEFFREI GAIMAR, Hist. des Anglais, 5502 ds T.-L.), lui-même issu d'un a. b. frq. rausa (germ. occ. rauza, cf. l'a. h. all. , all. Rohr « id. »). Ros, rosa sont att. au IXe s. ds les Gl. de Reichenau (éd. H. W. Klein et A. Labhardt, t. 1, 2007, 40a, 73a, 235a), rauso, rausus dans d'autres gloss. des VIIIe-Xe s. (ibid., t. 2, p. 151), pour gloser les lat. arundo et calamus « roseau ». Voir M. RAUPACH, Die Reichenauer Glossen, t. 2, pp. 110-113, 151-152, 181-183; GUINET, pp. 147-148. Fréq. abs. littér.:1 300. Fréq. rel. littér.:XIXe s.: a) 2 421, b) 2 175; XXe s.: a) 1 865, b) 1 174. Bbg. QUEM. DDL t. 30.

roseau [ʀozo] n. m.
ÉTYM. 1175, var. roisel; de l'anc. franç. raus, ros, germanique raus.
1 Plante aquatique à tige droite et lisse. Massette.REM. Roseau désigne à la fois les plantes du genre arundo (Graminées; phragmite; → Matière, cit. 10), et le typha (dit roseau des étangs, de la Passion). — Roseaux au bord d'un étang, d'une rivière (→ 1. Hampe, cit. 5; jaseur, cit.; pélican, cit.; plage, cit. 4). || La rousserolle, fauvette des roseaux. || Moelle (cit. 9) de roseau.Claie (→ Grenade, cit. 3), hutte (cit. 3), natte (→ Jonc, cit. 7), palissade de roseau. || Flûte de roseau, formée d'un roseau évidé (→ Jouer, cit. 46). Chalumeau, mirliton, pipeau. || Bâton, canne de roseau. || Vannerie de roseau.Allus. bibl. || Le roseau donné comme sceptre à Jésus, par dérision (→ Couronne, cit. 9).
1 (…) les arundo donax, ces immenses roseaux empanachés qui bordent les routes et forment, en été, des rideaux opaques (…)
Gide, Journal, 25 déc. 1943.
2 Le tissu des nids est un objet d'étonnement; il nous semble que l'oiseau a entrelacé les racines, les roseaux et les crins à la manière d'un vannier.
Alain, Propos, 8 mai 1923, Le culte des oiseaux.
Roseau des sables (n. sc. Psamma arenaria).Roseau dont les Romains se servaient pour écrire (calamus). Calame.
2 Par métaphore ou par compar. (par allus. à la fragilité du roseau). Plier (cit. 6), briser qqch. comme un roseau (→ Martyre, cit. 11).
3 Celui qui s'appuie sur un faible roseau ne doit pas s'étonner qu'il se brise et lui perce la main.
Beaumarchais, Mémoires… sur l'affaire Goëzman, p. 68.
Fig. Ce qui est faible, fragile… || Un roseau fragile (cit. 1). — ☑ Allus. littér. L'homme est un roseau pensant, un être faible mais qui domine la matière par la pensée. Homme (cit. 52, Pascal; et 55).
(Par allus. à la flexibilité du roseau). || Être souple, plier (cit. 12) comme un roseau. || Le chêne et le roseau, fable de La Fontaine (→ Arbre, cit. 7).
4 Au physique, disait M…, homme d'une santé délicate et d'un caractère très fort, je suis le roseau qui plie et ne rompt pas : au moral, je suis, au contraire, le chêne qui rompt et qui ne plie point.
Chamfort, Caractères et anecdotes, Le chêne et le roseau.
5 (…) opposant cette résistance de roseau faible, qui plie devant le vent qui passe et se redresse après que le vent a passé.
Gide, Et nunc manet in te, p. 47.
DÉR. Roselier, roselière.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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